Townhall à Sciences Po

"Townhall" à Sciences Po,
la servilité anglomane en marche !

Sciences Po, succursale anglo-saxonne

Sciences Po se réjouissait il y a peu d'être l'une des universités les plus internationales de France du fait de sa proportion d’étudiants "internationaux". En effet, grâce notamment à son ancien directeur Richard Descoings, un des fleurons de l'excellence française est devenu une école à la remorque servile du monde anglo-saxon, tant par la langue anglaise de plus en plus présente, que par les "valeurs" défendues par cette école.

Et à force de ramper devant ce modèle anglo-saxon, Sciences Po importe en son sein les crises politiques états-uniennes et s'étonne de se voir occupée par des étudiants qui y injectent le conflit israélo-palestinien. [ Conflit sur lequel la France a peu d'influence, contrairement d'ailleurs aux États-Unis qui en arrêtant de livrer des armes à l'une des parties pourraient arrêter le massacre, mais ceci est une autre histoire... ]

Et l'administrateur provisoire, Jean Bassères, ne s'interroge même plus sur le fait de savoir si ce fleuron passé de l'excellence française devait transmettre cette culture française aux étudiants. Non, il a choisi comme ses prédécesseurs de s'aligner sur LA culture "internationale" c'est-à-dire états-unienne. D'où son choix "évident" (pour lui) de "Townhall" pour organiser un débat avec les étudiants…

Ci-dessous l'article de Pierre Gusdorf de Défense de la langue française.

L'Amérique du nord est une "région clé dans la stratégie de développement international de Sciences Po". L'établissement a noué des partenariats avec de nombreuses universités aux États-Unis. Cette relation privilégiée s'accompagne d'une sorte de reproduction, incluant l'idéologie wokiste et l'abus d'anglicismes.

Ce mimétisme a conduit à l'importation inopportune de la guerre à Gaza. À l'image des désordres observés sur les campus américains, quelques manifestants pro-palestiniens ont provoqué agitation et blocages rue Saint Guillaume. Cédant aux fauteurs de trouble, l'administrateur provisoire a pris l'engagement d'organiser "un townhall (...) ouvert à toutes les communautés de Sciences Po".

L'utilisation déplacée de ce mot saugrenu a déconcerté les médias, pourtant habitués de l'anglomanie, au point qu'ils ont été contraints de l'interpréter à défaut de le traduire : le Cambridge Dictionary ne connaît que le terme town hall, qui signifie hôtel de ville. L'administrateur - énarque - semble ignorer les mots débat, assemblée, réunion, forum ou discussion.

Pour Gilles Kepel, ce néologisme est issu de la "novlangue wokiste" nord-américaine. Pourquoi ce vocabulaire dévoyé ? S'agit-il d'afficher un pseudo-modernisme ? De se soumettre à la phraséologie indigente de ses interlocuteurs ? De démontrer une forme de servilité à l'égard de son modèle idéologique ? On reste pantois devant ce reniement des principes fondateurs de Sciences Po. Émile Boutmy expliquait : "Les faits doivent être savamment groupés, clairement expliqués et commentés".

Pierre Gusdorf, Défense de la langue française

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