Histoire de la langue française-1 origines

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Histoire langue française
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L’apport grec

Les serments de Strasbourg (842)

Les serments de Strasbourg (842)

Le français pourrait être défini comme une langue issue du latin, du latin populaire plus précisément, mêlée d’apports grecs, gaulois et germaniques.

Langue de commerce et de culture, de nombreux mots grecs se sont introduit dans le latin. Ainsi le mot grec amphorea a donné le mot latin amphora d’où le français amphore, la forme populaire latin ampulla donnant ampoule. Le grec donnera également certains noms de lieux : Nice de Nikaia, Antibes de Antipolis, Grenoble de Gratianopolis.

De nombreux mots et racines grecques seront utilisés ultérieurement notamment dans les mots scientifiques.

Les gaulois

La langue gauloise n’était pas écrite, son élimination a été à peu près complète, il n’en reste que quelques dizaines de mots (bec, chemin, mouton...), le vocabulaire agricole fourmille de mots d’origine gauloise, et des noms de peuples qui ont donné des noms de lieux (Parisii donne Paris, Turones donne Tours, Andecavi donne Angers...).

Les invasions

Les invasions germaniques, franque en Gaule du nord, vont faire éclater l’Empire romain et morceler le gallo-romain en de nombreux dialectes répartis en deux groupes principaux : le groupe d’oïl au Nord, le groupe d’oc au Sud et le groupe franco-provençal au Centre-Est.

Les envahisseurs perdent assez vite l’usage de leur langue et apprennent les dialectes gallo-romains. La conversion de Clovis au catholicisme (496) va accélérer les choses.

Néanmoins l’influence germanique laissera des traces assez nombreuses, notamment dans les termes guerriers (guerre, hardi, maréchal...), les noms de couleur (blanc, bleu...) et également dans la prononciation. Les Normands venus du Danemark abandonnent également leur langue assez rapidement ne laissant que quelques mots (carlingue, guichet, joli, vague...) et des noms de lieux (Honfleur, Elbeuf, Yvetot...).

Du Latin au Roman

Le latin implanté progressivement en Gaule après sa conquête par les romains. La langue parlée évolue peu à peu et s’éloigne du latin classique. La christianisation va contribuer à rapprocher la langue des dirigeants de celle du peuple, les clercs devant s’adapter pour être compris. Le concile de Tours en 813 recommande aux prédicateurs l’usage de l’idiome maternel germanique ou rustique roman à côté du latin.

L’écart va pourtant se creuser entre la langue parlée, le roman (qui est un latin très modifié) et la langue écrite, le latin. Les traces concernant cette période sont très limitées du fait de l’absence d’écrits en langue romane. Le premier document disponible sera celui des Serments de Strasbourg (842).

L’orthographe

Le français s’est servi au départ de l’alphabet latin. Cet alphabet était mal adapté à la prononciation française, d’où dès l’origine, un écart entre le français parlé et écrit. Dans la Cantilène de Sainte Eulalie (980), par exemple, le son TS est écrit C, TS ou CZ. Le U peut valoir OU, U, V ou même O. On lit le latin à la française (dicton est le mot latin dictum prononcé à la française) et on écrit le français à la latine. Les diphtongues sont peu notées. Les lettres J et V n’existent pas. Je est noté eo ou io.

Premiers textes

Lothaire héritier de l’empire de Charlemagne, est vaincu le 24 juin 841 par l’alliance de son frère Louis le germanique et de son demi-frère Charles le Chauve. Il convenait que les deux rois alliés passent un véritable accord politique : ce furent les Serments de Strasbourg prononcés le 14 février 842. Ces serments ne constituent pas un simple exemple de traduction à l’usage pratique de troupes des deux princes alliés. Ils traduisent la reconnaissance de la division de l’Empire en deux zones linguistiques, romane et germanique. Ce critère linguistique sera déterminant l’année suivante pour le partage de l’Empire lors du traité de Verdun (843), à Charles ira la partie romane, à Louis la partie germanique. On laissera au frère vaincu Lothaire le titre d’empereur et la partie intermédiaire.

Avec les Serments de Strasbourg, reproduits par Nithard dans son histoire latine, le français accède à l’écrit, l’écriture étant jusque-là entièrement latine.
Le second texte connu, plus littéraire, la Cantilène de Sainte Eulalie composée vers 881 est un court champ d’église adapté d’une séquence latine composée en l’honneur d’Eulalie qui préféra subir le martyre plutôt que d’adorer les idoles. C’est le document le plus ancien de la littérature française.

Marc-Antoine Renard

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