Histoire de la langue française-8 XXe siècle

8) XXe siècle

Histoire langue française
Origines - Ancien français (XIe-XIIIe siècles) - Moyen français (XIVe-XVe siècles)
XVIe siècle - XVIIe siècle - XVIIIe siècle - XIXe siècle - XXe siècle - Bibliographie

Le français actuel

Le français semble avoir reçu une norme contraignante au 19ème qui l’immobilise et creuse un écart entre français écrit et parlé.

La constitution après le début de la guerre de 1914-18 de régiments mêlant les soldats d’origines régionales différentes va porter un coup fatal aux patois. Les soldats de retour chez eux continueront à parler ce français commun que l’école ne leur faisait pas adopter en dehors. Le français au 20ème siècle est de plus en plus influencé par les médias de masse, journaux à un sou au début du siècle, TSF à partir des années 20 et 30, télévision à partir des années 50 et 60.

Ces deux derniers médias et le cinéma vont habituer toute une population ne connaissant que son accent propre à entendre de nouvelles façons de parler. Aujourd’hui un français parlé par un petit nombre de personnes est entendu par des millions de personnes généralisant ainsi une langue moyenne et certaines tournures.

Le français perd en partie son statut de langue internationale. En 1919, Clemenceau acceptant que le traité de Versailles soit rédigé en français et en anglais laisse porter un coup à son statut diplomatique. Après la seconde guerre mondiale, les principaux traités s’ils comportent encore une version française, la version française ne fait plus foi, en cas de contestation.

A l’ONU si le français a le statut de langue officielle avec l’anglais, 90% des documents sont rédigés en anglais. Au sein de l’Union Européenne, le français seule langue de travail de 1958 à 1973 doit désormais partager ce privilège avec l’anglais qui tend peut à peu à grignoter sa position.

La langue

La littérature tend à se rapprocher de la langue parlée et assouplit les contraintes de la langue officielle Céline étant un des exemples les plus originaux de cette évolution.

Certains sons ont tendance à se rapprocher le A de pâte et le A de patte, brun se prononçant comme brin dans le Nord, la disparition de certaines consonnes dans la prononciation se poursuit : remett’ pour remettre, i’font pour ils font.

Parallèlement, certaines consonnes muettes réapparaissent sous l’influence de l’orthographe (dompter prononcé domp-té au lieu de domté, idem pour sculpter prononcé scul-té). Les liaisons deviennent plus limitées.

L’orthographe

L’école obligatoire (1881) contribuera à figer encore plus l’orthographe. Suite à son rapport, le ministre Georges Leygues signait un arrêté le 31 juillet 1900 autorisant le non-accord du participe passé avec avoir dans tous les cas. En février 1901 après des protestations de l’Académie Française, cet arrêté a été remplacé par un autre qui limitait les tolérances à certains cas particuliers (vu et laissé devant l’infinitif). Le rapport Faguet (1905) propose certaines tolérances : accents circonflexes (ile), pluriels en OUX (hibous), famille de mots (charriot comme charrette), finales en ciel (pestilenciel), lettres muettes (pié ou pied), préfixe EN (enmener), lettres double (échèle, paysane), Z pour X (sizième), suppression du H dans RH (rume), Y remplacé par I (analise).

Ces propositions ne seront pas reprises notamment dans la 8ème édition (1935) du dictionnaire de l’Académie Française. Les modifications y seront très limitées : on remet des E (maniement), on supprime des variantes (gaiement) et on soude quelques mots composés (entr’acte devient entracte, contre-coup contrecoup, chien-lit chienlit...).

Le début de la 9ème édition ne débute qu’en 1986, soit 51 ans après alors que le vocabulaire se renouvelle rapidement. L’usager a d’ailleurs de plus en plus pris l’habitude de se référer aux autres dictionnaires.
Au total depuis 1606 plus d’un mot sur deux aura changé de graphie.

Le vocabulaire

L’apport de l’argot dans la littérature s’est banalisé dans le langage courant. Les créations récentes sont rares sinon le verlan, sorte d’argot paresseux qui se contente d’inverser les syllabes pour créer des mots (ripou pour pourri, meuf à partir de femme).
Les emprunts à l’anglais ou plutôt à l’anglo-américain sont de plus en plus nombreux notamment dans les domaines des techniques, du sport et des médias.

Marc-Antoine Renard

Origines - Ancien français (XIe-XIIIe siècles) - Moyen français (XIVe-XVe siècles)
XVIe siècle - XVIIe siècle - XVIIIe siècle - XIXe siècle - XXe siècle - Bibliographie