Intervention contre le triathlon « Alps man »

Intervention contre le triathlon "ALPS MAN"

Le triathlon ALPS MAN ou l'anglais dégoulinant
Échanges de courriels entre Marcel Girardin et la région Auvergne-Rhône-Alpes

1) Intervention directe, Marcel Girardin "contre" la Région

De : Marcel Girardin
Date : ven. 20 juin 2025 à 11:29
Sujet : ALPSMAN...???
À : info@sportpremium.com, camille.sanjuan@sportpremium.com, laurence.hoffmann@sportpremium.com

Madame, Monsieur,

J’ai découvert dans le Dauphiné-Libéré, la belle épreuve sportive que vous organisez dans le massif des Bauges et au bord du lac d'Annecy : le triathlon ALPS MAN.

Je regrette cependant que vous ayez choisi de baptiser d’un nom anglais cette manifestation sportive, en effaçant la langue française pourtant ici chez elle, depuis des siècles.

Avez-vous donc honte à ce point de notre langue maternelle et officielle ou bien avez-vous renoncé à faire preuve d’imagination pour donner un nom en français à cette course se déroulant au cœur de la Savoie, en France ?

Je note par ailleurs que vous utilisez de nombreux mots anglais qui remplacent inutilement des mots et expressions en français : LAKE FINISHERS à la place de FINALISTES DU LAC, TOP FINISHERS à la place de FINALISTES AU SOMMET, OUTDOOR à la place de PLEIN AIR, EVENT BOOK à la place de CARNET D’ÉVÈNEMENTS, etc., etc.

Il est vrai, qu’aujourd’hui, il existe malheureusement un regrettable esprit de renoncement en France, du sommet jusqu’à sa base, chez trop de ses responsables politiques, administratifs, économiques, financiers, commerciaux, médiatiques, culturels et sportifs, conduisant à formater l'esprit des citoyens de notre pays à l’anglo-américanisation, souvent d'ailleurs en violation du respect dû à la langue française tel qu'énoncé dans l’article 1 et suivants de la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française.

Il est encore plus regrettable que des collectivités publiques aient choisi de soutenir cette manifestation promouvant des noms et appellations en anglais alors qu’elles se doivent de faire respecter l’article 2 de la Constitution qui fait du seul français, notre langue officielle et qu’elles ont à leur disposition l’article 15 de la loi du 4 août 1994 qui interdit de subventionner des manifestations et évènements ne respectant pas la première place du français.

Certains de ces responsables l’ignorent peut-être mais cette anglo-américanisation est le résultat d’une stratégie linguistique présentée le 6 septembre 1943, à Harvard, par Winston Churchill dans un discours où il appela les États-Unis d’Amérique à rejoindre la Grande-Bretagne dans son projet de faire de l’anglais, une langue mondiale dominante dont l’influence sur les esprits serait bien plus à même de défendre et de promouvoir leurs intérêts que ne pourrait le faire un empire militaire.

Vous remerciant pour l’attention accordée et espérant en un changement de ce nom au bénéfice de la langue française, je vous prie d’agréer mes sincères salutations.

Marcel Girardin
membre du Haut Conseil International pour la Langue Française et la Francophonie, de l’Association Francophonie Avenir et d’Avenir de la langue française


2) Réponse du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke

De : Fabrice Pannekoucke <Fabrice. Pannekoucke @auvergnerhonealpes.fr>
Date : lundi 30 juin 2025 à 11:59
Objet : ALPS MAN
À : Marcel Girardin
CC: Romane Martin <Romane.Martin@auvergnerhonealpes.fr>, Marion Mouget <Marion.Mouget@auvergnerhonealpes.fr>

Monsieur Girardin,

Je tiens à vous remercier pour votre message, et l’attention que vous portez à la langue française, à sa préservation et à son rayonnement.

Vous mentionnez l’épreuve du triathlon ALPS MAN, qui se déroule dans le massif des Bauges et au bord du lac d’Annecy. Il s’agit en effet d’un évènement sportif de grande ampleur que la Région soutient dans le cadre de sa politique en faveur du développement du sport pour tous et de l’attractivité des territoires par le sport, en particulier dans les zones de montagne. Notre soutien va donc d’abord à l’initiative sportive elle-même, à la dynamique territoriale qu’elle génère, ainsi qu’aux retombées économiques et touristiques qui en découlent pour les communes savoyardes concernées.

Cela étant dit, je peux vous assurer que la langue française est un attachement profond et constant pour la Région.

Nous partageons votre préoccupation quant à la multiplication des appellations en anglais, souvent utilisées pour des raisons de communication ou de notoriété, notamment à l’international. Mais cela ne doit en rien signifier une indifférence à l’égard de notre langue, bien au contraire.

La Région agit de manière concrète et résolue en faveur de la langue française et du rayonnement de la francophonie. Elle est un partenaire majeur de l’Institut international pour la Francophonie, avec lequel elle développe des initiatives de coopération et de promotion de la langue française à l’échelle nationale et internationale. Elle soutient également de nombreuses actions éducatives, culturelles et citoyennes qui valorisent la richesse, la diversité et la vitalité du français.

Votre message témoigne d’un attachement partagé à notre langue. Soyez assuré que nous restons vigilants, tout en continuant de soutenir les manifestations qui participent à la vitalité de nos territoires et à l’épanouissement de ses habitants.

Je vous prie d’agréer, Monsieur Girardin, mes sincères salutations.

Fabrice Pannekoucke
Président de la région Auvergne-Rhône-Alpes


3) Réplique de Marcel Girardin

De : Marcel Girardin
Date : mardi 1 juillet 2025 à 15:37
Objet : Re : ALPS MAN
À : Fabrice Pannekoucke <Fabrice.Pannekoucke@auvergnerhonealpes.fr>
CC: Romane Martin <Romane.Martin@auvergnerhonealpes.fr>, Marion Mouget <Marion.Mouget@auvergnerhonealpes.fr>

Monsieur le Président,

Je vous remercie pour le courriel que vous m’avez adressé en réponse à mon intervention contre l’utilisation de plusieurs appellations en anglais par les organisateurs d'un triathlon, qu’ils ont également baptisé, en anglais : "ALPS MAN".

Je vous remercie également pour le soutien officiel et matériel que vous apportez à cette épreuve sportive qui, tout en mettant en valeur le beau massif savoyard des Bauges et le magnifique lac d’Annecy, génère, selon vos propos, des retombées économiques et touristiques pour les communes concernées.

Néanmoins, et malgré le vif et profond attachement à la langue française dont vous me faites part, vous semblez vous accommoder très facilement de l’anglicisation galopante des évènements sportifs et autres manifestations que la région Auvergne-Rhône-Alpes, que vous présidez, soutient au motif qu’il y aurait là une question de notoriété à "l’international".

Vous ne pouviez mieux illustrer ainsi la démission, le renoncement et donc la responsabilité générale de toutes les élites françaises, auxquelles vous appartenez, dans le déclin à l’international de la langue française, "jetée aux orties par les élites françaises" selon le conseiller à la Francophonie de Monsieur Michel Sleiman, alors Président du Liban.

En effet, comment pourriez-vous prétendre sérieusement promouvoir et défendre la langue française au sein de la Francophonie et à l’international si en "même temps" vous renoncez à la défendre et à la PROMOUVOIR, en France même, dans son berceau ?

Quoi de plus facile cependant pour vous et les autres élus d’exiger le respect dû à la langue française comme premier critère d’attribution du soutien de la Région (collectivité publique française) aux candidats à ses subventions et autres aides matérielles ?

À côté de cette légitime exigence, la loi du 4 août 1994 relative à l’emploi de la langue française vous en donne, comme vous le savez bien d’ailleurs, les moyens juridiques avec ses différents articles, dont le 15 qui conditionne l’octroi d’aides et de subventions au respect des dispositions de cette loi.

Permettez-moi pour finir de souligner que, comme je le fais depuis très longtemps à propos des stations de ski savoyardes..., la notoriété, même internationale, d’une manifestation ne tient pas avant tout à son appellation en anglais et à la multiplication des anglicismes, souvent inutiles parce qu’ils remplacent des termes en français parfaitement appropriés, mais à la qualité des épreuves, des évènements proposés et de l’organisation.

C’est ainsi que s'établira la notoriété des appellations en langue française comme en témoigne, par exemple, le "Tour de France" !

Souhaitant que vous puissiez entendre mon argumentation, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères salutations.

Marcel Girardin
membre du Haut conseil international pour la langue français et la Francophonie, de l’AFRAV et d'Avenir de la langue française.